Comment se calcule le préavis en Belgique ?
Depuis le statut unique (loi du 26 décembre 2013), ouvriers et employés ont les mêmes délais de préavis. Ceux-ci sont exprimés en semaines et dépendent de deux choses : qui met fin au contrat (licenciement par l'employeur ou démission du travailleur) et l'ancienneté acquise dans l'entreprise au moment où le préavis commence. Le salaire n'intervient pas dans la durée, seulement dans le montant d'une éventuelle indemnité.
L'ancienneté se compte de date à veille de date : du premier jour de travail jusqu'à la veille du début du préavis. Un travailleur engagé le 1er mars et dont le préavis commence le 1er septembre a donc 6 mois d'ancienneté. Les contrats successifs chez le même employeur (y compris l'intérim qui précède l'embauche, sous conditions) peuvent compter.
Quand le préavis commence-t-il ?
Le préavis prend cours le lundi suivant la semaine pendant laquelle il a été notifié. Le travailleur qui démissionne peut remettre sa lettre de la main à la main (en faisant signer un double), l'envoyer par recommandé ou passer par un huissier. L'employeur, lui, doit obligatoirement utiliser la lettre recommandée ou l'exploit d'huissier. Un recommandé produit ses effets le 3e jour ouvrable après son envoi (le samedi compte, pas le dimanche ni les jours fériés) : envoyé un lundi, il prend effet le jeudi et le préavis débute le lundi suivant. Le calculateur applique automatiquement ces règles.
Les délais de préavis en cas de licenciement
Pour un contrat débuté à partir de 2014, le préavis de l'employeur est de 1 semaine pendant les 3 premiers mois, puis grimpe rapidement : 6 semaines à 6 mois, 8 semaines à 1 an, 12 semaines à 2 ans, 15 semaines à 4 ans, puis 3 semaines par année jusqu'à 19 ans (60 semaines), et 1 semaine par année au-delà de 20 ans (62 semaines).
Ce qui change en 2026 : pour les contrats dont l'exécution a commencé à partir du 1er juin 2026, le préavis de licenciement est plafonné à 52 semaines (atteint à 17 ans d'ancienneté). Pour les contrats commencés à partir du 1er août 2026, le préavis est en outre d'une semaine pendant les 6 premiers mois, que ce soit l'employeur ou le travailleur qui y mette fin. Les contrats plus anciens gardent l'ancien tableau, sans plafond.
Les délais de préavis en cas de démission
Le travailleur qui démissionne preste un préavis plus court, plafonné à 13 semaines (atteint à 8 ans d'ancienneté) : 1 semaine jusqu'à 3 mois, 2 semaines jusqu'à 6 mois (1 semaine pour les contrats débutés depuis le 1er août 2026), 3 semaines jusqu'à 1 an, 4 à 18 mois, 5 à 2 ans, 6 de 2 à 4 ans, 7 à 4 ans, 9 à 5 ans, 10 à 6 ans et 12 à 7 ans.
Contre-préavis et indemnité de rupture
Si vous êtes licencié avec préavis et trouvez un nouvel emploi, vous pouvez quitter plus tôt grâce à un contre-préavis, égal au délai de démission mais limité à 4 semaines. L'employeur peut aussi rompre le contrat immédiatement en payant une indemnité compensatoire de préavis égale à la rémunération des semaines non prestées. Le calculateur l'estime avec le salaire brut mensuel × 3/13 par semaine ; l'indemnité réelle inclut aussi les avantages (pécule de vacances, prime de fin d'année, voiture, chèques-repas…).
La date de fin affichée suppose un préavis presté sans interruption. Les vacances annuelles, la maladie ou le chômage temporaire pendant un préavis donné par l'employeur suspendent le préavis et reculent la date de fin. Pendant le préavis, vous avez droit à un congé de sollicitation pour chercher un emploi.
Sources : SPF Emploi – préavis de licenciement (contrats depuis 2014, règles 2026) ; SPF Emploi – préavis de démission ; SPF Emploi – notification et prise de cours du préavis. Estimation indicative : en cas de doute, consultez votre syndicat, votre secrétariat social ou un avocat.